Arrivée du seigneur Bulvaï

Aller en bas

Arrivée du seigneur Bulvaï

Message  Bulvaï le Mer 29 Oct - 0:20

Un cavalier chevauchait au trot à travers la lande normande.

Parti d'Orléans, il avait passé la nuit dans une auberge d'Argentan et faisait route vers Lisieux. Il s'était arrêté dans une petite auberge pour se restaurer et avait demandé son chemin car c'était la première fois qu'il venait dans les environs. Orléanais, il ne connaissait de la Normandie que la forteresse des chevaliers de la Licorne à Ryes et les villes de Bayeux où il avait sa sœur et d'Avranches où résidaient quelques une de ses frères de la Licorne. Il faisait doux en cet après midi d'automne, les longues journées chaudes d'été étaient passées mais le soleil brillait encore dans le ciel suffisamment pour que l'écuyer chevauche en chemise, son mantel rangé dans une de ses fontes. Ses bottes couvertes de poussière, ses braies noires légèrement usées montraient que l'homme voyageait souvent, l'espadon fixé sous la selle le long du flanc de sa monture était suffisamment éloquent pour montrer que l'homme était un soldat. Outre cette arme, il avait un fourreau dans le dos attaché par une courroie de cuir, la poignée de son épée au dessus de son épaule senestre prouvait que l'homme était paré à tout danger et qu'il pouvait prendre sa lame rapidement même en étant à cheval. Il chevauchait à travers la campagne lorsqu'il s'arrêta sur une petite butte, mit une main au dessus de ses yeux pour les cacher de la lumière et regarda au loin sa destination : Saint Georges en Auge.


Devant lui à quelques lieux se trouvait le hameau de sa destination, un petit village d'une trentaine d'âmes tout au plus situé à la lisière d'une forêt à l'ouest et au nord, et de champs au sud et à l'est. Anoblit quelques semaines plus tôt, le Vicomte de Montgommery lui avait octroyé ces terres, aussi arrivait il pour faire connaissance avec les villageois et s'installer parmi eux. Il avançait au petit trot regardant les champs autour de lui : Quelques paysans étaient occupés à labourer leurs champs avec des bœufs en prévision des semailles hivernales, d'autres taillaient quelques rangées de vigne et tandis qu'il se rapprochait doucement du hameau, ils pouvaient voir les paysans discutant entre eux le regardant en même temps, le village se trouvant assez loin d'une route principale, cela promettait de longues discutions ce soir dans les chaumières. Arrivé non loin de la première maison, il fit ralentir sa monture et pénétra au pas dans le hameau. Passant entre deux maisons, il s'engagea sur une petite place. Il avançait au pas, des enfants courraient maintenant tout autour de lui, lui posant des questions à la volée sans vraiment attendre de réponse, peu d'étrangers devaient venir icelieu. Habitué aux fracas des batailles, son cheval n'était pas effrayé par les cris des enfants. Regardant vers l'église qui se trouvait au milieu du hameau, il vit un homme en sortir précipitamment. L'homme était selon toute vraisemblance un ecclésiastique puisqu'il était vêtu d'une robe de bure maintenue à la taille par une cordelette, il se dirigea à la rencontre du cavalier et s'arrêta lorsqu'il fut à quelques pas de la monture. Lorsque l'écuyer arriva devant lui, il stoppa sa monture tandis que l'ecclésiastique prit les rênes en dessous du mors.

Messire Bulvaï je présume ? L'écuyer abaissa doucement la tête pour le saluer et lui confirmer que c'était bien lui. Je suis heureux de vous accueillir Seigneur, Messire le Vicomte m'a informé de vostre arrivée, permettez moi de vous souhaiter la bienvenue sur vos terres.

L'écuyer descendit de cheval. Les enfants s'étaient arrêtés de courir et les villageois qui étaient quelques instants plus tôt à leurs fenestres commençaient à sortir de leurs demeures pour former un cercle autour
du moine et du seigneur.


Je suis enchanté d'être céans et de faire vostre connaissance mon père, j'ai d'ailleurs dans une de mes fontes un livre, votre présent, je vous remercie, j'espère que nous aurons l'occasion de le lire ensemble les soirs au coin de la cheminée et que nous pourrons débattre sur les vertus, vous pourrez certainement faire de moi un meilleur aristotélicien en m'expliquant le sens caché de ces textes, parfois je n'arrive pas à lire entre les lignes.

Le moine inclina doucement la tête, s'il était le guide spirituel de cette petite communauté, il sentait qu'il devrait également guider le seigneur qui n'était pas tellement versé dans la culture religieuse, il espérait néanmoins qu'il connaisse le credo, au moins il n'aurait pas à commencer de rien. Il s'approcha de Bulvaï et mit sa main sur l'omoplate de l'écuyer.

Laissez moi vous présenter vos villageois seigneur.

D'une légère pression de sa main dans le dos, il invita l'écuyer a se tourner vers les gens qu'il comptait lui présenter et qui était maintenant tous arrivés dans la cour, Bulvaï ne le savait encore pas mais hormis ceux qui travaillaient dans les champs, ils étaient tous réunis autour de lui.

Voici. Madmartigan avec sa femme Sorsha, ils élèvent des moutons et sont aussi tisserands, je pense que vous vous entendrez bien avec eux, ce sont d'anciens guerriers, ne vous fiez pas aux apparences, sous leurs cheveux gris et malgré le poids des années il ont encore de beaux restes et peuvent encore prendre l'épée. .... Voici Clothaire, il est charpentier, son épouse Ingonde, il n'ont pas encore d'enfant, ils viennent de se marier. ..... A senestre Sigebert et sa femme Brunehilde, Sigebert travaille beaucoup en forêt, il est bûcheron avec son camarade Gontran que voici, Ils savent également utiliser l'épée si cela est nécessaire. Le moine invita Bulvaï à se tourner vers sa dextre. .... Ensuite voici Tomate … on l'appelle comme cela parce qu'il a toujours dans son potager les plus beaux légumes. .... sa femme Blanche. .... Voici MacAdam un guerrier venu des Highlands et qui n'est jamais rentré chez lui. .... Voici Hildegarde qui porte le deuil de son époux décédé le mois dernier. Le moine regarda autour de lui … Dans les champs, il y a Maximus que je ne vois pas ici, il doit être avec son épouse Pietra . .......Il doit y avoir aussi Ermengarde et son mari Lothaire. .... Enfin je ne veux pas présenter tout le monde comme cela, je vais vous noyer sous les noms, nous aurons l'occasion de faire tous plus amples connaissances. Désirez vous que je vous fasse visiter maintenant votre demeure ?

Sans attendre la réponse de l'écuyer, il appela un groupe d'enfants d'une quinzaine de printemps environ chacun.

Voulez vous prendre la monture du seigneur … amenez le à l'écurie, bouchonnez le et nourrissez le, ensuite vous pourrez continuer à aider vos parents.

Pendant que le moine donnait ses consignes, Bulvaï regarda le hameau, la place forte, son regard parcouru déjà le petit village attenant la place forte. Il se trouvait sur une petite place délimitée par quelques maisons d'habitations disposées plus ou moins en rectangle, il y avait aussi quelques dépendances agricoles. Au milieu se trouvait l'église dont la forme allongée débordait sur la place. Quelques maisons étaient disposées de part et
d'autre et vu l'état des colombages, Bulvaï se rendit compte que ces maisons furent ajoutées après, formant une sorte de basse cour juste avant le passage menant à la bâtisse fortifiée du seigneur. Le coté senestre de la place était composée de maisons d'habitation et de granges pendant que le coté dextre formé lui aussi de quelques maisons abritait aussi un colombier et une écurie.


En face du passage par lequel il était arrivée sur la place au milieu des maisons,de l'autre coté de la place, il y avait un autre passage menant à une enceinte légèrement surélevée autour de laquelle un fossé avait
été creusé et délimitée par une palissade de bois, la demeure seigneuriale avait été bâtie au milieu de cette enceinte. Ce n'était pas un exemple d'architecture, c'était un corps de logis avec une tour en son milieu, une
bâtisse normande carrée bien fortifiée qui accueillerait le Sire Bulvaï d'Austrasie.
Il tourna la tête lorsque le moine posa sa main sur son épaule.

Voilà seigneur Bulvaï, j'ai donné des instruction pour votre monture, allons voir maintenant votre logis. Puis tout en marchant vers le bâtiment principal. Au fait, je me nomme Séverin, frère Séverin de Sant'Emmerano.

Bulvaï s'arrêta et regarda le moine.

Frère Séverin … et si nous commencions tous les deux à nous dire "tu" ?? je ne suis qu'un mouton d'Ari qui a également besoin d'un guide spirituel, désignant les villageois qui retournaient vaquer à leurs occupations, tout comme ces gens ont besoin de ma protection n'est ce pas ? c'est ce que je suis censé faire me semble t-il, le vicomte de Montgommery m'a accordé sa confiance, je ne peux le décevoir, tout comme ces gens.
avatar
Bulvaï

Nombre de messages : 52
Titres : Seigneur du Boschel
Date d'inscription : 14/07/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum