Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

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Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Message  Bulvaï le Mer 12 Nov - 0:12

L'automne tirait à sa fin et Bulvaï profitait de cette journée pour aller avec Séverin à travers la campagne qui s'étendait autour de Saint Georges, à l'approche de l'hiver, le jeune seigneur voulait s'assurer que les travaux dans les champs en vue de l'hiver étaient terminés et s'ils ne l'étaient pas il voulait évaluer ce qui restait à faire quitte à mettre la main à la pâte pour que tout fut terminé avant les premières gelées. Bulvaï montait Hinano son fidèle destrier, un frison de couleur de jais tandis que Séverin montait un âne et agitait une baguette garnie de feuilles pour le faire avancer. Le spectacle faisait rire l'écuyer, l'écclésiastique avait bien un cheval mais le palefrenier lui avait conseillé de le laisser au repos, blessé au niveau de la sole et de la fourchette sur le sabot arrière dextre, le jeune homme qui soignait sa monture lui avait déconseillé de le sortir et qu'il attendait le maréchal-ferrant. En attendant le moine se démenait comme un beau diable pour faire avancer le bouricot.

Allons Séverin, ne croyez vous pas que cet animal n'avance pas parce que vous l'effrayez avec votre baguette ... on dirait un sourcier en transe. L'écuyer se mit à rire !

Tu peux rire Bulvaï, mais mon cheval ne s'est pas blessé par hasard, Aristote dans son infinie sagesse m'apprend l'humilité et la patience dans les déplacements, le Très Haut a bien compris que pour faire rentrer quelque chose dans ta caboche de bois, il fallait taper fort dessus ! je me suis souvent demandé comment faisais tu pour retenir ce que je te disais ! C'est pour cette raison que tu es installé confortablement sur ta selle et que je me brise les reins sur ce charmant animal.

Le moine regarda l'écuyer et les deux hommes se mirent à rire. Bulvaï appréciait beaucoup ce moine qui avait eu la sagesse de lui offrir un livre des vertus, à moins que ce ne soit le hasard ... et il semblerait que Séverin éprouvait la même chose du jeune seigneur, le bien être des gens de Saint Georges les réunissait, d'ailleurs c'était facile, le fief n'étant pas grand, un hameau, une cinquantaine de personnes, c'était bien suffisant pour Bulvaï qui préférait bien s'occuper d'un petit fief que mal s'occuper d'un grand.

Chevauchant autour de la maison forte, ils arrivérent devant les rangées de vigne dont les paysans faisaient du vin, Bulvaï en avait gouté dès son arrivée, un bon vin bien fruité, bien charpenté, pas un vin rafiné pour la cour, un bon vin qui sentait le terroir. Les vendanges étaient finies et la vigne avait été taillée en préparation de l'hiver. Ils continuèrent et passèrent à coté de lopin de terre fraichement labourés qui pourraient être ensemencès juste avant l'hiver pour le blé et l'épautre ou au printemps pour l'orge et l'avoine. Bulvaï fut satisfait du travail. Un peu plus loin, sur la route, un groupe de paysans revenait des champs avec une charette tirée par deux boeufs, ils avaient ramassé les gros cailloux qu'ils trouvaient dans les champs, notemment ceux qui se prenaient dans le soc de la charrue et Bulvaï avait demandé à ce que toutes ces pierres fut ramené vers la maison forte afin de refaire les morceaux de fortifications éboulés ou en prévoir des autres afin d'englober les habitations dans une enceinte fortifiée jouxtant la maison forte du seigneur.. L'écuyer souhaitait également ramasser les pierres afin de refaire et consolider les murets qui s'étendaient autour des champs du fief. Lorsque les paysans arrivèrent à leur hauteur, Bulvaï descendit de sa monture et alla voir les pierres sur la charette.


De biens belles pierres, elles sont bien rectilignes, on aura pas beaucoup besoin de les tailler. Que reste t-il à faire dans les champs avant l'hiver ?

Les villageois se concertèrent, ils réfléchissaient mais ne voyaient pas de tâches oubliées. Bulvaï regarda autour de lui tout en faisant à voix haute le point sur les quantité de nourritures et de biens consommables qui se trouvaient dans les greniers ou les caves en prévision de l'hiver puis demanda à Séverin son avis. L'écclesiastique opina du chef, pour lui, le hameau avait de quoi affronter l'hiver, même s'il serait rude, les provisions avait été faite et il y avait suffisamment de fourage pour le bétail, par ailleurs le bois qui se trouvait au nord de Saint Georges regorgeait de gibier, l'hiver serait donc abordée sans crainte.

Et bien mes amis, nous allons pouvoir rentrer doucement, comme frère Séverin est occupé demain j'en profiterai pour aller avec vous faire du bois en prévision de l'hiver, il va falloir nous chauffer et puis il faudrait une belle poutre pour remplacer celle de l'écurie qui semble attaquée par les vers.

Le groupe reparti vers le village, seul Séverin était sur son âne, Bulvaï marchait au milieu de ses gens tenant Hinano par les rênes, il se sentait bien et revirent à son esprit toutes ces annèes où enfant il s'occupait du travail des champs, des animaux, du bois. Il était partit guerroyer parmi les grands du royaume et le ferait encore mais n'avait jamais oublié d'où il venait.
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Bulvaï

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